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Synthse de l’enqute sur la politique documentaire musicale

vendredi 10 janvier 2003, par La Rdaction, Nicolas Blondeau

Politique d’acquisition des collections et missions des bibliothques musicales

Pourquoi une telle dmarche

Cette synthse est le fruit d’une cogitation collective : 34 rponses un questionnaire lanc sur la liste Discothcaires-fr. en automne 2001 avec une relance mai 2002.
Il s’agit d’engager une rflexion commune pour nous amener un positionnement clarifi de la mission des discothcaires, en rapport avec les bibliothcaires qui entreprennent galement ce travail de rflexion.

La nature des collections des bibliothques musicales

Les documents sonores constituent bien sr la base des bibliothques musicales. L’essor des discothques en France correspond au lancement du disque compact aprs 1983. Le volume des collections se situe dans une assiette de 5000 20000 documents sonores. Pour la desserte de 20 000 habitants, la DLL prconisait en 1984, une collection de 7500 cd. Si les bibliothques musicales sont d’abord des discothques de prt, constituer un fonds local de conservation des documents sonores est une proccupation largement partage.

Si la prsence de livres documentaires sur la musique dans les bibliothques musicales semble assez satisfaisante, il n’en est pas de mme pour la musique imprime. M. Peirano de la BM de Chambry analyse les raisons de ce retard.
Les vidos et les cd-rom musicaux sont disponibles dans la majorit des tablissements. Il conviendrait de s’interroger sur leur apport et leur complmentarit aux supports sonores et imprims.

Les sources d’acquisition

Les priodiques consacrs l’actualit musicale sont les principaux outils d’acquisition des discothcaires.
Les mdias audiovisuels sont peu cits, la radio toutefois davantage que la tlvision. Les discothcaires ralisent aussi leur slection partir de catalogues d’diteurs indpendants, et commencent utiliser Internet essentiellement comme outil de recherche et d’identification des rfrences discographiques.

Les mobiles d’acquisition

En bons professionnels des bibliothques :), les discothcaires sont soucieux de travailler sur la constitution d’un fonds de base comme sur l’actualisation de ce fonds, en associant acquisitions courantes et rtrospectives.
Les discothcaires affirment galement leur rle de prescripteur en dclarant que leurs choix sont motivs tant par leur culture musicale que par leurs gots personnels.
Les suggestions des usagers sont prises en considration, puisque presque tous nos collgues affirment accder aux demandes du public (dans la mesure o bien sr celles-ci cadrent avec la politique d’acquisition de leur tablissement !)

Les critres d’acquisition

Lorsqu’ils ont t dfinis, ce qui ne semble pas frquent, les critres d’acquisitions sont rarement formaliss par crit.
Une dclaration de principe se dgage de manire consensuelle : ces critres doivent se fonder sur la lgitimit des documents (leur qualit) et sur leur adquation la collection, l’tablissement et au public.
Quelques critres positifs et ngatifs sont galement cits. Il apparat cependant qu’il est difficile d’tablir de tels critres et de les respecter la lettre.

L’valuation statistique des collections et des publics

Si une majorit d’tablissements dclare exploiter leurs statistiques, ces rponses positives peuvent cacher toutefois des mthodes de comptage et de diagnostic trs htrognes.
On peut en effet distinguer diffrents comptages statistiques tous utiles l’analyse :

- L’tat des collections, par l’valuation bibliomtrique du fonds

- La nature qualitative des collections. Voir ce sujet la communication d’Arsne Ott de la BM de Strasbourg

- L’tat des prts par classe documentaire, par support, …

- L’analyse des publics par catgorie socio-professionnelle. Quant savoir « qui emprunte quoi », il faut s’en remettre aux enqutes existantes sur les publics de la musique.

Le dveloppement des collections

Une croissance quantitative des collections ne semble pas constituer une proccupation majeure. Par la volont de matriser le dveloppement des collections, est voque la ncessit d’tablir des procdures rigoureuses de dsherbage.

La promotion des fonds musicaux

L’animation et la mise en valeur des collections sont souvent cites comme des moyens importants de promotion des fonds. La formation du personnel, en particulier des dpositaires des BDP est galement voque. Le travail de collaboration avec les autres sections de la bibliothque ou de partenariat avec des institutions musicales extrieures est moins souvent mentionn.
Le problme du manque de temps, de savoir-faire ou de moyens matriels et financiers sont aussi cits comme des obstables prjudiciables la qualit des animations.

Comme composante de la mdiathque, la bibiothque musicale doit rpondre aux besoins de la population qu’elle dessert en terme d’accs l’information, la documentation, au savoir et la culture, au divertissement, et la formation.
Des objectifs multiples et parfois antagonistes : Eveiller la curiosit du public, soutenir la cration musicale de qualit, veiller l’clectisme et l’encyclopdisme des collections, s’affirmer comme une institution pdagogique, suivre l’actualit, rpondre la demande du public, encourager la pratique musicale, …quel beau mtier !